Différence entre les pierres précieuses et les pierres fines ?

Les pierres fines sont des pierres gemmes c'est-à-dire des minéraux extraits de gîtes naturels, qui ne sont pas classées parmi les quatre pierres précieuses. Bien que parfois appelées semi-précieuses, ce terme est interdit en France par un décret datant du 14 janvier 2002. Les pierres fines sont parfois plus onéreuses que les pierres précieuses.

Le poids d’une pierre est mesuré en carat

Il ne faut pas confondre ce carat, unité de masse des pierres précieuses, avec celui utilisé pour les alliages d’or, le karat, mesure de pureté de l'or, unité du titrage de l'or dans un alliage : chaque karat représente un vingt-quatrième du poids de l'alliage. Par exemple, de l'or à 18 karats signifie que dans 24 g d'alliage on trouve 18 g d'or pur. De l'or 24 karats est de l'or pur.

Un carat (1ct) correspond à 1/5 de gramme soit 200 milligrammes. Le carat est divisé en 100 points, ainsi une pierre de 50 points pèsera la moitié du carat, soit 0.50 carat.

Le poids en carat est un des points les plus importants pour définir le prix d’une pierre, mais ce n’est pas le seul point. Le prix sera aussi en fonction de la pureté, de la taille et de la couleur de la pierre.

La pureté est un élément primordial pour déterminer la qualité d'une gemme, car pratiquement toutes contiennent des impuretés. La valeur de la pierre va être définie par le nombre d’impuretés, moins elle en aura, plus elle sera rare et précieuse. Les inclusions restent la preuve et l'assurance que votre pierre est le produit de la nature et non une pierre de synthèse. En effet chaque gemme possède ses propres caractéristiques physiques et chimiques et une ou des couleurs qui lui appartiennent. Par exemple l'émeraude peut avoir plusieurs nuances de vert, qui lui même sera très différent du vert de la tourmaline, de la tsavorite ou du démantoïde. Certaines gemmes présentent couramment et normalement des inclusions comme l'émeraude ou la sphalérite alors que d'autres sont le plus souvent pures à l'oeil comme l'aigue marine ou l'améthyste.

Classement de chaque gemme selon trois types :

  • les pierres de Type 1, gemmes avec de très petites inclusions à la loupe 10x, et aucune à l’œil nu : Aigue Marine, Morganite, Béryl jaune, Chrysobéryl, Kunzite, Topaze, tanzanite

  • les pierres de Type 2, petites inclusions visibles à l’œil nu : Apatite, Alexandrite, Rubis, Saphir, Grenat, Péridot, Quartz, Spinelle, Tourmalines (sauf Rubellite et  Melon d’eau), Zircon

  • les pierres de Type 3, inclusions plus importantes : Emeraude, Kyanite, Sphalérite, Sphène, Rubellite, Tourmaline melon d’eau.

La couleur est une des caractéristiques très importantes pour déterminer la qualité d’une pierre. Par exemple il existe des diamants de toutes les couleurs, mais les plus rares et les plus chers sont les diamants incolores, avec une absence totale de toute trace de couleur. Des échelles détaillées ont été mises au point, commençant par la lettre D, un diamant d’un blanc exceptionnel totalement incolore à la lettre Z, un diamant jaune claire ou brun.

La taille est dictée par la main de l’homme. Le terme taille peut faire aussi bien référence à la forme de la pierre qu’au style de taille (ou disposition des facettes sur la pierre). Les formes les plus utilisées sont la taille Brillant rond à 57 ou 58 facettes, mais il en existe d’autre comme la taille émeraude, la taille royale Asscher, la taille Coussin, la taille Radiant, Princesse, Marquise, Poire, Ovale, Cœur ou Trillion.

Les quatre pierres précieuses

Le diamant :

C'est un minéral transparent composé de cristaux de carbone pur, incontestablement le plus convoité des minéraux à travers le monde. Cette pierre précieuse est connue pour être le minéral le plus dur qui soit. Il est utilisé en joaillerie mais également dans l’industrie grâce à sa dureté extraordinaire. Bien connu dans des tons de couleur blanche et transparente, il existe aussi en jaune, noir, rose, cognac, bleu, orange, rouge et vert. 

C'est seulement à la fin du XVIIIe siècle que le diamant fut identifié comme une forme cristalline du carbone par Lavoisier et Tennant. Dès lors, les chimistes ont cherché à le synthétiser. Ils n'y sont parvenus qu'au milieu du XXe siècle.

Le diamant naturel

Le diamant se forme naturellement à partir de carbone présent dans les profondeurs de la terre. La formation des diamants naturels nécessite de très hautes températures et pressions. La plupart des diamants cristallisent dans certaines régions du manteau terrestre  à des profondeurs comprises entre 150 et 200 kilomètres, mais il peut s'en former plus profondément. Pour que le carbone s'arrange en diamant, il faut des conditions de température et de pression particulièrement élevées : entre 1.000 et 1.500 °C et entre 4,5 et 6 GPa. Les diamants se seraient formés il y a plus de 2,5 milliards d'années. 

Les diamants sont remontés à la surface par le magma d'éruptions volcaniques profondes qui refroidit pour former une roche volcanique contenant les diamants, les kimberlites et les lamproïtes.

Le diamant de synthèse

Compte tenu à la fois de la rareté de la pierre et de sa dureté extrême, les scientifiques ont cherché à la synthétiser. Objectif : exploiter ses propriétés pour des applications industrielles telles que la découpe, le broyage, le polissage ou encore la gravure. Plus récemment, le diamant a fait son entrée dans le monde des biotechnologies (imagerie médicale, mesure de température, etc.).

Plusieurs techniques sont aujourd'hui employées pour synthétiser du diamant :

  • La technique « haute pression, haute température ». À la base, un mélange de carbone et de métaux de transition sert de catalyseurs à la réaction.

  • La technique de « dépôt chimique en phase vapeur ». Elle permet de créer le diamant par couches successives.

Les premiers grands gisements de diamants ont été trouvés en Inde (XVIe siècle), puis au Brésil (jusqu’à la fin du XIXe siècle) et pendant tout le XXe siècle c’est en Afrique du Sud que seront extraites les plus belles pierres. Le continent africain assure une grande part de la production mondiale (environ 60 % de la production mondiale) de diamant avec d’importants gisements dans des pays comme le Botswana (18 %), l’Afrique du Sud (9 %), la République Démocratique du Congo (15 %), l’Angola (6 %) ou la Namibie (1 %). Les autres grands pays producteurs en dehors de l’Afrique sont la Russie avec 22 % de la production mondiale, l’Australie avec 17 % et le Canada 7 %.

L'émeraude :

C'est un minéral, du groupe des silicates, sous-groupe des cyclosilicates, variété de béryl, sa couleur verte est due à la présence de chromes et de vanadium et parfois de fer. Le nom Emeraude vient de l'espagnol « esmeralda » ou du grec « smaragdos », désignant tous les deux une pierre précieuse, une variété de béryl caractérisée par une belle couleur verte.

Selon sa provenance, l’émeraude décline différentes nuances de vert, depuis l’intense couleur des gemmes colombiennes aux tons généralement plus pâles des pierres brésiliennes, en passant par le bleu-vert des émeraudes russes ou africaines, et le vert sapin. Certaines enfin tirent vers le jaune ou le gris.

Les émeraudes sont des gemmes très rares car leur formation a nécessité des conditions géologiques très particulières, de plusieurs natures et à des époques différentes. En effet, sa genèse ne peut se réaliser que dans certaines conditions géologiques particulières. C'est une gemme d'origine hydrothermale. Sa formation est due à l'intrusion de magma dans des roches préexistantes. Les émeraudes résultent de l'alliance de roches riches en chrome et de roches riches en béryllium. C'est le chrome qui lui confère la couleur verte, et le béryllium qui lui donne sa structure. Au fur et à mesure de la remontée du magma à travers la roche ces deux éléments s'unissent afin de créer de fins cristaux hexagonaux.

Les principaux gisements sont situés en Afrique du Sud, en Australie, en Autriche, au Brésil, en Colombie, en Inde, au Madagascar, au Nigéria, au Pakistan, en Russie, en Tanzanie, aux U.S.A et en Zambie.

Le rubis

C'est un corindon, sa couleur parfois rosée, violacée ou tirant sur le brun est due à la présence d'oxydes de chrome.

Le Corindon est un oxyde d'aluminium. Il doit ses différentes couleurs à des impuretés chimiques présentes lors de sa croissance. Lorsqu'un corindon est bleu, il est appelé saphir. Lorsqu'il est rouge, il est nommé rubis et lorsqu'il est de toute autre couleur, il peut être appelé saphir de couleur.

Les rubis naturels en qualité gemme, c'est-à-dire transparent et non opaque sont très rares et leur prix très élevé. C'est un minéral très rare. Il peut être d’origine magmatique ou, le plus souvent métamorphique, c’est-à-dire qu’il résulte de la modification de roches préexistantes sous l’effet de la chaleur et de fortes pressions. Son apparition nécessite la présence d’aluminium, de silice, et d’un peu de chrome pour la couleur. Seulement 1% des rubis que l’on trouve ont les caractéristiques requises pour être utilisés en joaillerie.

La couleur la plus recherchée est un rouge intense et profond, généralement taillé en ovale, parfois en coussin ou en poire, plus rarement en rond.

Les principaux gisements sont en Birmanie, 90% des rubis proviennent de ce pays : ils sont d’une qualité exceptionnelle et présentent de magnifiques nuances. Le Sri Lanka et la Thaïlande sont également d’importants fournisseurs. On trouve aussi des gisements en Afrique, en Amérique et en Australie.

Le saphir :

Tout comme le rubis, le saphir est un corindon, la couleur bleue est due à la présence de fer et de titane. C'est bien sûr la couleur la plus connue du saphir. Elle peut aller du bleu clair teinté de gris ou de violet, jusqu'au bleu le plus profond.  

Toutes les variétés de corindon qui ne sont pas rouges sont placées dans la catégorie saphir. On rencontre le saphir dans une multitude de couleurs, sauf le rouge qui désigne uniquement le rubis : bleu, rose, jaune, orange, violet, vert ou même parfois polychrome.
Seuls les corindons bleus sont appelés « saphir », sans précision supplémentaire. Les autres couleurs sont appelées saphir rose, saphir jaune…

Le saphir blanc est une pierre précieuse, et est la version incolore de la famille des saphirs. Un saphir obtient sa couleur des traces d'éléments comme le fer, le chrome, le cuivre, le titane et le magnésium lors de sa formation.

Le saphir se forme soit dans les roches magmatiques, soit dans les zones frontières entre les pegmatites (principaux constituants du manteau terrestre) et les roches adjacentes, soit enfin dans des roches métamorphiques comme le gneiss et les micaschistes.
Le saphir est plus fréquent que le rubis. On en trouve un peu partout dans le monde, comme par exemple en Australie, au Brésil, à Madagascar. Les plus importants gisements, et ceux qui renferment les plus belles pierres sont généralement en Asie : les mines du Cachemire, en Inde, au Sri Lanka où l’on produit le cornflower (couleur de bleuet), dans les mines de Mogok en Birmanie.

Les pierres fines

Actinote, agate, aigue-marine, alexandrite, almandin, amblygonite, ambre, améthyste, amétrine, ammolite, anatase, andalousite, andésine, andradite de roche, apatite, auralite, aventurine, azurite, béryl, bronzite, calcédoine, calcite, carborandite, chrysocolle, chrysoprase, citrine,cornaline, danburite, démantoïde, diopside, disthène, elbaïte, épidote, fluorite, goshénite, grenat, haüne, héliodore, hématite, hiddénite, iolite,  jade, jaspe, kunzite, kyanite, labradorite, lapis-lazuli, larimar, lolite, malachite, marcassite, mélanite, microcline, morganite, nacre, obsidienne, oeil de tigre, oligoclase, onyx, opale, painite, périclase, péridot, pierre de lune, pierre de soleil, prehnite, quartz, quartz blanc, quartz rose, quartz fumé, quartz ouro-verde, rhodonite, rutile, scheelife, serpentine, silimanite, sodalite, spessartine, sphalérite, sphène, spinelle, spodumène, staurolite, tanzanite, trémolite, topaze, tourmaline, tsavorite, turquoise, uvarovite, variscite, zircon, zultanite.

Métaux précieux : argent, or, palladium, platine, rhodium

Alliages de métaux précieux : alliages aurifères, or blanc, argent Britannia, argent sterling, billon, électrum

Métaux et alliages : acier inoxydable, airain, alliage plomb étain, bronze, cuivre, laiton, titane

Gemmes organiques : ambre, copal, corail rouge, jais, melite, nacre, perle

Les pierres fines ont pour caractéristique commune le polychroïsme, à savoir la capacité à changer de couleur au contact de la lumière. Leur appellation de fines ne signifie pas pour autant qu'elles soient moins belles que les pierres précieuses.

Le feu d'une pierre est sa capacité à briller. Il est lié à la pureté et la façon dont la gemme a été taillée. Une lumière blanche est constituée d'une multitude de rayons colorés. Quand une lumière blanche pénètre dans une pierre taillée, elle est plus ou moins dispersée avec des angles différents. Ce phénomène est bien connu pour les arc-en-ciel, on parle de "dispersion de la lumière". Pour les pierres il se traduit par des éclats colorés qui semblent être émis par la pierre elle-même, on parle alors du feu de la pierre.

Œil-de-chat, astérisme, iridescence ou opalescence, les pierres peuvent produire de multiples effets de lumière.

Le pléochroïsme des pierres : en fonction de la direction avec laquelle on observe une pierre ses propriétés physiques peuvent changer; on dit que les minéraux sont anisotropes. Le pléochroïsme se manifeste par un changement de couleur en fonction de la direction de l'observation, et il s'observe à l'aide d'un filtre polarisant dit Polaroid. La tourmaline présente un pléochroïsme prononcé tandis que pour la cordiérite l'effet de pléochroïsme est tellement intense qu'il s'observe à l'œil nu en faisant bouger la pierre. La chatoyance d'une pierre se traduit par l'apparition d'une fine bande lumineuse traversant toute la pierre et rappelant la pupille allongée de l'œil d'un chat. Cet effet est intensifié par la taille cabochon, le lapidaire faisant alors en sorte que l'œil-de-chat suive la largeur de la pierre. L'astérisme : certaines pierres présentent une particularité dite astérisme. Elle se caractérise par l'apparition d'une étoile lumineuse au centre de la pierre, généralement à 6 branches, mais plus rarement à quatre ou douze branches. L'effet d'astérisme sur une pierre est rare et en augmente par conséquent sa valeur. Il est dû à la présence d'inclusions microscopiques qui provoquent des interférences dans la lumière et donnent cet effet qui peut être spectaculaire sur certaines pierres taillées en cabochon.

L'iridescence ou opalescence : de même que pour l'astérisme, l'iridescence est basée sur des interférences lumineuses dues à la présence de lamelles ou de sphérule de silice ou d'eau dans la pierre. L'iridescence se traduit par des reflets multicolores et se retrouve sur les pierres de lune, les opales et sur la labradorite (aussi connue sous le nom de spectrolite). La dureté se traduit par la résistance aux rayures. Un minéral est plus dur qu'un autre si ce premier peut rayer ce dernier.